lundi 18 octobre 2010

Rencontre le samedi 30 octobre à 16h

LA GARDE ROUGE RACONTE
Histoire du comité ouvrier de la Magneti Marelli
(Milan, 1975-1978) par Emilio Mentasti
(Les Nuits Rouges, 2009)

Présentation de l’ouvrage en présence du traducteur


Dans une grande usine milanaise, la Magneti Marelli, plusieurs dizaines de salariés s’organisent au milieu des années 1970 contre la direction et les syndicats dans un Comité politique ouvrier. Bientôt, cette « Garde rouge » comptera plusieurs centaines d’ouvriers (sur les 5000 de l’usine) – soit une force équivalente à celle du PCI – et sera en mesure d’imposer l’arrêt des mesures de restructuration (licenciements, délocalisation). Ce Comité ouvrier ne reste pas cantonné dans les murs de l’usine et participe aux autres luttes, grèves, manifestations, nombreuses à l’époque en Lombardie et dans toute l’Italie, et notamment à cette manière radicale de combattre l’inflation : les « autoréductions ». La Magneti Marelli ne fut pas la seule usine italienne à connaître des organes autonomes ouvriers, mais c’est son Comité qui a servi de référence à tous les autres, à la fois par ses initiatives propres et par sa capacité à faire profiter de son expérience les ouvriers des petites entreprises environnantes. Ce combat exemplaire s’inscrit dans le cours de cette tentative révolutionnaire des années 1968-1979, qu’il importe de défendre contre les falsifications et les calomnies qui l’accablent, et d’en tirer toutes les leçons qui s’imposent.

Rencontre le vendredi 29 octobre avec Bernard Pudal

Présentation de l'ouvrage :
UN MONDE DÉFAIT
Les communistes français de 1956 à nos jours

(Le Croquant, 2010)

Plutôt qu’une nouvelle description du déclin du PCF, cet ouvrage présente des études visant à restituer les logiques multiples, endogènes et exogènes, qui peuvent rendre compte de l’histoire du PCF dans le dernier demi-siècle. Institution politique dont la vision du monde stalinienne est profondément mise en cause après 1956, le PCF procède à un double aggiornamento, intellectuel et stratégique, que la rupture de l’Union de la gauche en 1977 vient briser. Depuis les années soixante en effet, une autre configuration partisane – fondée sur d’autres rapports de force internes entre les différents types de militants et cadres – avait progressivement pris forme au point de menacer les positions de pouvoir des héritiers du « cadre thorézien » dont Georges Marchais était le chef de file. Les logiques bureaucratiques de survie de l’institution politique qui prévalent après 1978 se traduisent par le départ de nombreux militants (dont beaucoup d’intellectuels) et par des crises, plus ou moins visibles, du groupe des militants et permanents ouvriers. Le désarroi des militants et des cadres, souvent vécu dans l’isolement et le « quant à soi », précédant un retrait silencieux et malheureux, dévitalise peu à peu le parti politique, au moment même où s’opèrent des transformations de la classe ouvrière à la fois objectives et subjectives auxquelles le PCF ne peut plus faire face par les moyens de la rhétorique traditionnelle. L’effondrement des régimes communistes en 1989–1991 et l’échec de la « stratégie d’attente » mise en œuvre depuis 1978 conduisent au rejet de la « matrice stalinienne » – la période Robert Hue, 1994–2002 –, puis à un démembrement progressif du système d’action communiste et bientôt du PCF lui-même.